
Planète Sochaux, devenu en quelques années un microcosme du monde des supporters sochaliens, apporte des éléments de réponse sur certains dysfonctionnements auquel notre club fait face et qui ne pourra pas faire l’économie d’une autocritique.
Cette liste de griefs n’est pas exhaustive (bien qu’assez renseignée) mais il fallait « coucher sur le papier » une réponse réactive et par conséquent rapide par rapport aux interrogations sur fond de plainte émanant du club.
Communication / marketing
Outre les courriers aux supporters déjà abonnés, la campagne d’abonnement s’est caractérisée par le placardage d’affiches d’un graphisme digne d’un enfant de 10 ans ayant 3 mois d’informatique derrière lui. En terme d’image, on fait mieux, surtout que cet affichage ne dépassait pas Montbéliard et sa proche banlieue alors qu’il devrait avoir une résonance franc-comtoise.
De plus, il n’existe que deux formules : saison pleine et hors-saison (bonne initiative), excepté cette saison où la campagne a été prolongée de quelques jours dans la dynamique de bons résultats initiaux. Pourquoi ne pas mettre en place des tarifs dégressifs jusqu’à la trêve ?
Le site internet officiel du club, vecteur de communication désormais incontournable, n’est pas à la hauteur d’un club de Ligue 1 un minimum ambitieux. En plus d’un esthétisme discutable, des fautes, des liens morts ou renvoyant à de mauvaises pages et autres erreurs viennent régulièrement ternir l’ensemble, sans parler de l’absence d’interactivité. Alors certes des progrès enrichissent de temps à autre le site off’ mais ça demeure bien insuffisant.
Et avoir une réponse à un mail relève presque du miracle pour le supporter lambda, ce qui renvoie une impression d’inertie et de désintérêt.
On peut rajouter que l’annonce radio des matches ne se fait pas dans les conditions optimales pour « rapatrier » du public. France Bleu Belfort Montbéliard, c’est bien mais si on veut ratisser plus large et toucher un public plus jeune, faire des annonces sur des radios un peu plus appropriées serait peut-être un bon complément.
Billetterie
Nous n’aborderons pas le prix des places (à l’unité et de surcroît à l’abonnement) car en toute objectivité, hormis pour les matches classés en gala ou super-gala, ceux-ci sont raisonnables. De plus, il y a régulièrement un geste en direction des abonnés (pour les réabonnements, les matches de coupes ou les produits dérivés), ce qui est à noter.
Pour autant, certaines lacunes sont à relever :
Par internet, on se heurte à l’impossibilité de choisir sa place. On ne choisit que le secteur, si bien qu’on peut se retrouver autant au ras de la pelouse au sud comme tout en haut au nord. Et la possibilité de se faire envoyer les places ne serait pas un luxe pour les supporters ayant des délais de route. Le Toulouse Football Club est un exemple à suivre en la matière.
Dans les points de vente délocalisés, mieux vaut consommer pour être bien servi, voire seulement servi (eh oui, c’est arrivé !!!) tant les responsables de ces points de vente peuvent se montrer parfois guère coopérants (n’est-ce pas le Brussels à Belfort ?), alors qu’ils touchent une commission. De nombreux clubs offrent la possibilité d’acheter des places en grande surface, lieu de très grand transit et… d’achat.
Concernant les guichets, l’organisation est parfois bien inadaptée. Exemple : lors du dernier Sochaux – Le Mans où nombre d’abonnés (les plus fidèles donc) comptaient bien faire d’une pierre deux coups en achetant leur billet pour FCSM – PSG. Résultat : un guichet d’ouvert (et forcément bondé) par point de vente autour du stade, tandis que de nombreux autres étaient désertés (espace partenaire, audiotel ou internet). D’où un dilemme : avoir sa place et rater le début du match ou voir le match d’entrée mais sans avoir le sésame pour la coupe de France. Inutile de préciser que les envolées de Jean-Claude Plessis sur le manque de fréquentation du stade ont fait leur effet !!!
Les couplages ne sont que très (trop) rarement utilisés. Si le FCSM souhaitait plus de spectateurs face au Mans, il lui suffisait de coupler ce match avec celui face à Paris. Vu l’intérêt suscité, nombre de supporters seraient venus face au Mans pour s’assurer d’avoir une place face au PSG (petit geste financier à l’appui au besoin).
Les relations avec les supporters
Assurément un des gros chantiers.
Soyons clairs, les Joyriders et plus largement les Ultras sont les moteurs de l’ambiance à Bonal (et qu’on ne nous accuse pas de collusion car Planète Sochaux et les Ultras sont deux entités différentes et distinctes). Alors certes nous convenons qu’ils ne sont pas constitués que d’enfants de choeur mais méritent-ils un tel ostracisme, une telle diabolisation ?
Le Supporter Club est ce qu’il est, fait ce qu’il peut mais depuis la mise en place de cette insupportable sono, on assiste à une lente désertification de la populaire sud placée à proximité. Et l’on constate l’inverse du but recherché : on exaspère les supporters aux tympans agressés au lieu de les emmener à encourager. Quand on ne les fait pas fuir...…
On a d’ailleurs une impression de « système » à deux vitesses : une considération (à minima) pour le Supporter Club (émanation du club et de sa ligne directrice) et une indifférence (au mieux) ou du mépris (au pire) pour les Joyriders mais aussi pour Planète Sochaux, alors qu’avec 3000 visiteurs par jour en moyenne, nous sommes le média supporter incontournable du FCSM. Dans ces conditions, l’évocation des vrais problèmes (et des solutions) n’est guère possible vu qu’aucun débat contradictoire ne peut se tenir.
Un signe fort de vouloir changer les choses et dynamiser l’ambiance serait d’enfin permettre aux Joyriders de descendre en Populaires, qui devrait être leur vraie place depuis longtemps au lieu de les confiner en Seconde nord, une hérésie.
Le dernier signe fort à l’intention des Ultras, ce fut d’envoyer les CRS appréhender un adolescent de 14 ans coupable d’avoir allumé un fumigène, en recourant au gaz lacrimogène qui a eu pour effet de provoquer un mouvement de foule dans le secteur Ultra et d’incommoder 5 secteurs en tout. Idéal pour donner envie de revenir.
La vie du club au sens large
Il y a 10 ans et plus, la moyenne de supporters à Bonal ne dépassait pas 7000 spectateurs. Désormais, c’est (à la louche) une moyenne de 14000 spectateurs qui assiste aux matches du FCSM à domicile. Alors certes, l’effet coupe du monde et nouveau stade ont joué, mais ce doublement est quand même plus qu’anecdotique et beaucoup de clubs aimeraient se prévaloir d’une telle progression.
Cette fréquentation est aussi à mettre en rapport avec le bassin de population local qui n’est pas comparable au Nord, Rhône-Alpes, PACA ou région parisienne. 14000 spectateurs à Bonal, c’est beaucoup plus méritoire que 50000 à Marseille ou 40000 au Parc, surtout en considération du fait qu’il n’y a pas vraiment (encore ?) une culture foot prononcée à Sochaux, une vraie passion, une ferveur populaire.
Aussi et dans un autre registre, on ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière. Les clubs se tapent sur le ventre d’avoir plus de droits TV mais la contrepartie, c’est la diffusion de tous les matches du FCSM sur le petit écran, principalement par Foot+ pour 7 € par mois. A ce prix, un certain nombre préfère suivre leur club favori depuis le fauteuil.
La capacité d’accueil du public aux alentours du stade n’est pas extraordinaire et oblige parfois, notamment lors de grosses affluences, à se garer un peu comme on peut. Et lorsque même sans gêner le moins du monde on se retrouve avec un PV à l’issue du match, on y réfléchit à deux fois avant de revenir. Peut-être qu’une plus grande permissivité préfectorale et/ou municipale aiderait en ce sens.
Prétendre, comme ce fut le cas sur le site officiel, que le jeu du FCSM est spectaculaire est exagéré. Alors certes, par rapport à la saison passée, on perçoit une réelle différence (et nous saluons Alain Perrin sur ce point) mais c’est aussi occulter qu’avant la réception du Mans, Sochaux avait la plus mauvaise attaque à domicile (avec il est vrai 1 ou 2 matches de moins que certains de ses concurrents). On va au stade pour voir du foot, des victoires (dans la mesure du possible) mais aussi des buts qu’on aime célébrer, fêter. Et à ce niveau, le constat n’est guère engageant.
Le FCSM, à la (dé)faveur d’une saison passée pourrie, a dégoûté bon nombre de ses fidèles et cela s’est déjà ressenti sur les abonnements à l’intersaison (ce fut déjà le cas la saison avant avec l’interminable feuilleton Lacombe et la nomination désarmante de Bijotat). Et comme les dirigeants considèrent les supporters comme des clients, ils devraient savoir qu’une des règles commerciales est qu’on perd plus facilement des clients qu’on en conquiert. Et aussi que ce n’est pas en culpabilisant les absents qu’on va les faire revenir. La saison 2005-2006 a causé des dégâts dans les esprits et ce ne sont pas 6 mois de résultats encourageants qui vont renverser la tendance d’un coup d’un seul. Il faudra un peu plus de temps, de résultats dans la durée pour faire revenir les supporters « sédentarisés », d’autant que le public ne se reconnaît pas encore dans ce groupe comme il a pu le faire le temps d’une génération pas si lointaine et qui avait grandi ensemble.
Si cet article permet de lancer quelques pistes de réflexion au sein du club, alors il aura été plus utile encore qu’informer.
Planète Sochaux est constitué de passionnés, d’amoureux du club qui eux aussi veulent ce qu’il y a de mieux pour le FCSM.
Nos dirigeants doivent bien intégrer le fait que comme la société, le monde des supporters évolue et qu’il convient de s’y adapter (et non l’inverse) en respectant quelques règles élémentaires : respect, considération, écoute et dialogue.