
Nous avons le plaisir de le publier en page d'accueil, d'autant qu'il devrait susciter l'adhésion du plus grand nombre.
Je pensais avoir tout vu ; passé un certain âge on pense toujours avoir tout vu. Et pourtant, je sais dès juillet que l'année 2012 du FCSM fera date, quand bien même les cinq mois restants seraient calmes.
L'annonce du départ de Richert, à une encablure de la fin de sa carrière, est déjà assez cataclysmique en soi. Dans un autre genre, le retour de Daf (ah bon, il était parti ?) ou le départ de Bréchet (ah bon, il était revenu ?) pourraient avoir un retentissement certain au sein d'un club qui continue de se définir comme familial par opposition aux armées de mercenaires que les médias nous survendent. Car n'oublions pas que le footballeur du XXIe siècle est un oiseau migrateur, c'est-à-dire de façon presque littérale un oiseau qui ne se gratte que d'un côté (dans le cas du footeux : celui où il met le larfeuille). Et c'est justement un de ces volatiles qui fait l'objet de ce qui restera (pour moi en tout cas) comme l'événement majeur de cette année : le départ de Modibo Maïga.
Ca y est, il n’est plus là, on va enfin pouvoir dire ce qu’on en pense ! Parce que certains (aussi bien joueurs que dirigeants ou supporters) disaient "ne sifflez pas Maïga, encouragez-le, on a besoin de lui pour se maintenir" ; et ils avaient raison, les faits l’ont prouvé. Mais aujourd’hui c’est bon, le club est toujours en ligue 1. C’est donc le moment de se poser la question qui fut posée à Aimé Jacquet un soir de juillet 1998 : maintenant que tout est bien qui finit bien, on pourrait peut-être pardonner ? Et d’y apporter la même réponse que le sélectionneur des Bleus : "non, je ne pardonnerai JAMAIS" !
Je ne cherche pas à faire de Maïga l'unique responsable a posteriori de cette saison lamentable : entre mercatos ratés, entraîneur dépassé, malchance et erreurs individuelles diverses sur le terrain aussi bien qu'en-dehors, les autres explications à ce fiasco ne manquent pas. Simplement, il y a des choses pardonnables et d'autres impardonnables.
Ce qui est impardonnable en l'occurrence, c'est de balancer à la figure de la France entière son mépris pour son club en plantant ses coéquipiers au dernier moment, et sans jamais présenter d'excuses qui plus est ; club qu'il était pourtant bien content de trouver un an plus tôt pour lui permettre de rester en ligue 1 avec un contrat de 4 ans, une place de titulaire et certainement une confortable augmentation de salaire.
Anin a certes commis le même genre de faute en même temps, mais ses justifications d’enfant perdu dépressif ont suscité un peu de compassion : on en est même venu à penser que ce n'était pas du chiqué, qu'il n'était vraiment pas en état de jouer. De plus, sa surmotivation mal canalisée a contribué à nous offrir 3 points contre son nouveau club ; à défaut de pardonner, ça aide à oublier.
Maïga, qu’a-t-il dit pour sa défense ? « Les supporters ne me comprennent pas ». On pensait qu’un supporter ne servait qu’à chanter, applaudir et raquer, ce qui déjà était peu valorisant. Mais en plus, quand un joueur fait sa diva, il faudrait le comprendre !?
Mais rassure-toi Modibo, on a très bien compris. On a d'abord compris que tu es un excellent joueur, un de nos meilleurs attaquants de ces dernières années (et de loin le meilleur la saison dernière), et que ton départ prochain pour un club plus friqué était dans l'ordre des choses. Grâce à tes frasques, on a aussi compris que les valeurs qui t'ont été inculquées ne comptent pas à côté de celle de l'argent. Heureusement pour nous, l'approche du mercato t'a contraint à évoluer à ton vrai niveau pendant deux mois (mars et avril), contribuant largement à réparer ce que tu avais tout aussi largement contribué à casser.
Certes, des joueurs qui vont au bras de fer, il y en a eu d'autres avant toi et il y en aura d'autres après. Seulement, ton comportement inacceptable n'a pas seulement participé à faire décliner l'équipe jusqu'à la dernière place du championnat ; il a aussi envoyé par le fond quelqu'un qui est ton exact opposé : un amoureux du FCSM, travailleur, animé des meilleures intentions, mais qui s'est avéré incapable de se sublimer face à trop d'adversité. La dernière place provisoire, on s'en est remis, et c'est un peu grâce à toi. Par contre, ce qu'a vécu Mecha Bazdarevic laissera une cicatrice indélébile dans son coeur, ainsi que dans ceux de beaucoup de supporters ; et ça, c'est beaucoup à cause de toi.
Je sauverai quand même ta première saison parmi nous. Mais qu'est-ce qu'une saison passée à penser que peut-être le FCSM ne te méritait pas, comparé au restant de ma vie à être persuadé que finalement c'est l’inverse ?
Adieu, salopard.