
Faites entrer les accusés
#1
Posté 31 décembre 2011 - 14:24
Club de football évoluant dans le prestigieux championnat de France de Ligue 1 où le club le plus populaire a pour idoles Matthieu Valbuena et Lucho Gonzalez, 8 sélections à eux deux dans leur pays respectif, il est l'une des figures phares de la compétition hexagonale. Fondé en 1928 comme Jeanne Moreau, celui-ci n'a que peu déraillé au contraire de la voix de cette dernière. Et alors même que Line Renaud poussait elle aussi ses premiers cris, c'est chez Peugeot que va voir le jour cette équipe de football qui arborera comme couleurs, le jaune et le bleu, symbole des armoiries franc-comtoises. Car oui, nous sommes bien en Franche-Comté, pays du Comté, du Mont d'Or, de la Cancoillote, et de Gustave Courbet, célèbre animateur de télévision ayant pour passion de peindre des chattes poilues laissant peu de doutes sur ses déviances sexuelles, mais cela, nous n'en ferons pas tout un fromage.
Durant 83 années, le FCSM va naviguer sereinement, avec des hauts et des bas, sur les eaux capricieuses du Championnat de France, alternant entre le moyen et le moyen. Puis, en 2011, voilà qu'il se meurt. Outragé, brimé, martyrisé, vous m'avez compris, le FCSM sombre, sans qu'on ne sache véritablement pourquoi, ni à cause de qui. Pourtant, le regard des sept supporters fidèles va rapidement se tourner vers plusieurs cibles potentielles, jugées coupables d'avoir sauvagement tué le club doubien.
Il faut pour cela, faire un bond en arrière. Nous sommes le 15 avril 2011.
A cette époque, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes à Sochaux. Le ciel est gris, la boulangerie tourne en moyenne à deux clients par jour, le FCSM lui, joue bien. Une équipe est née, une équipe de copains emmenée par un certain Francis G. Francis est un être goguenard, toujours prompt à la déconnade, à faire tourner les serviettes. Ses conférences de presse régalent. D'origine ch'ti, Francis dégage cette bonne humeur spécialité du Nord. Ce trait de caractère se ressent dans la façon dont il dirige son groupe. Séchages d'entraînement, arrivées en retard sont monnaie courante. Regarder la télévision tard le soir n'a pas de prix, surtout les émissions du peintre régional, sans aucun doute. Francis autorise même ses joueurs à célébrer les victoires au son de La Fouine, chose pourtant interdite en France depuis 2008. En pleine réussite, cette équipe terminera 5e du championnat de France, un mois plus tard à peine. Francis est l'unique artisan de cette époustouflante performance qui émeut la France entière, le quotidien l'Equipe lui accordant même un encadré de quatre lignes.
Car lorsque Francis est arrivé aux manettes du club en janvier 2008, c'est d'un navire à la dérive qu'il prend commande. Auréolé d'un palmarès extraordinaire, une 5ème place avec Lens, il est l'homme de la situation. Trois ans de purgatoire n'entameront pas sa confiance. Il n'y peut rien si les joueurs dont il dispose ont le niveau des vétérans de Beaujeu-Saint-Vallier-Pierrejux-et-Quitteur. A Lens, il dirigeait tout de même des cadors tels Olivier Thomert, Patrick Barul ou Mounir Diane. Francis le répète à la presse, chaque soir de match, que peut-il faire de mieux qu'une 17ème place, a-t-il vraiment le choix que d'utiliser l'arrière droit au milieu gauche, le défenseur central en attaque ou le gardien à l'intendance ?
Homme de culture, il plonge un soir d'été 2010 dans le roman "L'homme-dé" de Luke Rhinehart, l'histoire d'un homme ayant décidé de confier toutes les directions de sa vie au destin d'un dé. Francis y voit là un signe. Il décide de soumettre ses compositions d'équipe à la décision d'un dé. Après trois échecs, le dé lui ayant ordonné de laisser son meilleur attaquant Brown I. sur le banc de touche, le dé de Monopoly lui propose de tester un 4-4-2. Francis n'avait jamais entendu parlé d'une telle énormité.
La suite ? Une 5ème place, quelques mois plus tard, une qualité de jeu vantée par les plus grands spécialistes, Pierre Menès, Sophie Thalmann et Sq1SoChoSien, Nice, Lens, Paris et Chambéry sont étrillés, sauf cette dernière mais chut, il ne faut pas le dire.
Rassasié, Francis a besoin d'autre chose. Surtout, il craint que son coup de dé ne soit démasqué et que l'imposture ne soit dévoilée aux yeux de toute une France qui l'idolâtre. Il décide de s'envoler vers un nouveau bateau à la dérive, sur les rives de l'Atlantique cette fois.
Peut-être avait-il aussi senti le vent tourner, celui d'un groupe livré à sa merci et qu'il ne contrôlait que par ses cajoleries et ses largesses, mais désormais proche de l'explosion car auréolé d'une 5e place synonyme d'exigences crasses et de toutes sortes de caprices ?
Il faudrait alors chercher ailleurs le coupable. Et l'on se tourne naturellement vers Alexandre L., supérieur hiérarchique de Francis, brave garçon au charisme de courge qui arbore la raie de côté et une gourmette en or, symbole de son ascension sociale au sein de Peugeot, entreprise qui l'a parachuté au FCSM afin de remplacer le trop volubile Jean-Claude P. qui aurait été prêt à hypothéquer le siège social de l'entreprise afin d'obtenir le prêt de William Prunier. Afin de mettre un terme à ces folies qui avaient tout de même valu au club le gain de deux trophées nationaux en l'espace de quatre années, les clés sont confiées à Alexandre, dont la mission est claire, renforcer le coffre-fort.
Ainsi, oubliée l'espoir des joueurs de se voir offrir en avant-première une 508 éclatante, ce sera 107 pour tout le monde. Seul heureux, Vincent N., qui s'y sent comme dans un monospace et ressent ce plaisir qui avait déjà le sien quand il pensait disposer avant tout le monde d'un Ipad en tapotant sur son IPhone. Alexandre procède à des restrictions budgétaires de premier ordre, supprimant la corbeille de fruit dans les vestiaires (mais attention, pas de cruauté, les joueurs ont tout de même droit à une pomme en cas de victoire par huit buts d'écart), et les costumes pour les nouveaux arrivants.
Forcément, Alexandre est ravi, trois saisons durant, de voir son club plafonner dans le bas du tableau, cette situation lui permettant de justifier son statut et de ne pas perdre la main face à son groupe de joueurs, les grosses quiches comme Francis se plaît à les appeler systématiquement. Pour rien au monde, il n'aimerait voir le FCMS truster les premières places. Il décide donc de vider le stade Bonal. Secteurs fermés, abonnés déplacés, ultras privés de drapeaux, micro du Supporter Club conservé, son de la sono poussée à fond ... Tout est bon pour que les supporters restent chez eux déguster une bonne raclette.
Oui mais voilà, le coup de dé de Francis est passé par là. Alexandre s'était pourtant attaché à recruter des billes. Un buteur venu de Suisse, pays où l'on porte aux nues Johan Volanthen, un type aux dreadlocks et à la cheville douteuse, un fouteur de merde manceau et un vieillard revenant formé au club 10 ans plus tôt. Aucun risque donc si Francis n'avait pas retrouvé son putain de Monopoly.
La suite ? Une 5ème place et des joueurs maîtres de la situation, car l'objectif fixé était de douze places plus bas au classement. Alexandre est effondré, il va lui falloir jouer de malice pour briser ce groupe de copains sans mettre plus en danger encore le club que sa pingrerie ne le laisse déjà supposer. Ce 15 avril 2011, il décide donc de proposer à trois joueurs titulaires en fin de contrat, une offre de salaire à la baisse. Choqués par si peu de considération alors qu'ils venaient de contribuer à réhausser le club aux avant-postes, Nicolas M., Jacques F. et Boukary D. claquent la porte. Embarrassé, Alexandre tentera bien de rectifier le tir, mais le mal était fait. Il ne le sait pas encore, mais son groupe vient d'exploser. Quand bien même il s'en moque pas mal, car il a dans sa fouillette des noms ronflants d'illustres inconnus venus de la division inférieure pour les remplacer. Alexandre cible intelligemment ses prises : un Clermontois et un Havrais, des joueurs venus donc des deux seules villes plus moches que Sochaux en France. Ils ne pourront pas refuser. Ses homologues présidents non plus. Il leur propose à chacun 15€ pour leurs joueurs. Messieurs Louvel et Michy lui rappellent que c'est au moins 3,5M. Alexandre revoit sa proposition à hausse : 22€. L'épisode durera tout l'été, Alexandre est prêt à faire des folies, il a monté son offre pour Alessandrini et Mendes jusqu'à 37€. Finalement, il engagera dans les dernières heures du mercato Abdul Camara, cible numéro 54 du club, acheté à Rennes pour 4,5M d'€. Mercato brillamment mené, donc.
Mais Alexandre n'a pas que ce souci à gérer durant l'été 2011. Il doit s'atteler à remplacer Francis, parti élégamment à Bordeaux.
Naturellement, Alexandre se tourne vers Jean F., ancienne gloire du FCSM, qui avait lancé aux débuts des années 2000 toute une ribambelle de jeunes qui ne coûtaient par conséquent pas un rond. Ce souvenir fait mouche dans l'esprit d'Alexandre. Jean n'aura qu'à lancer des jeunes à nouveau. Oui mais voilà, la cible prend la fuite du côté de la Lorraine. Guère déstabilisé, Alexandre change de stratégie, il décide d'offrir un apparat d'ambition pour contrer toutes les critiques sur sa supposée radinerie. L'entraîneur du FCSM sera Paul Le Guen, ancien adjoint de Samuel Eto'o à la tête de la sélection camerounaise. C'était sans compter sur Madame Le Guen, nourrie trois années durant aux fastes des avenue Montaigne, Faubourg Saint-Honoré et avenue des Champs-Elysées. Le chic du H&M de Besançon ne pouvant compenser le manque à dépenser, c'est vers le sultanat d'Oman que Les Guen s'envoleront finalement malgré le luxe d'une rencontre avec Alexandre en matinée au Courtepaille (salade d'accueil offerte, offres estivales défiant toute concurrence, qui dit mieux) de l'A36, témoignant une fois de plus de la générosité du président sochalien.
Désarçonné par les refus successifs de Pascal Janin, Jacky Duguépéroux, Bertrand Marchand, Alain Ravera, Henri Stambouli, Raymond Goettals et Geneviève de Fontenay, Alexandre tombe (signe du destin) sur une cinquantaine de boulettes de papier perdues au fond de son tiroir du bas. Il découvre alors différentes lettres de motivation (probablement négligées par son prédécesseur et par ses propres soins) émises par un certain Mehmed B., la première datée de 1974. Alexandre n'a pas d'autre choix que de saisir son combiné. Cela tombe bien, Mehmed habite depuis des années dans la réserve où est entreposé le matériel d'entraînement. Lors de l'entretien, Mehmed rappelle à Alexandre qu'il fut neuf années durant un joueur du FCSM, et qu'il fut même érigé au rang de légende par les supporters. Alexandre lui répondit qu'il s'en foutait du foot et qu'il n'y comprenait rien.
Mehmed B. devient, en ce début de juin 2011, le nouvel entraîneur du FCSM. Francis, au même moment, explique à la presse combien ses nouveaux joueurs sont mauvais et qu'il ne pourra pas faire de miracle, son premier entraînement ayant lieu deux semaines plus tard.
Une partie des supporters sochaliens est en ébullition, elle attendait cette nomination depuis des années. L'autre partie pleure les hypothétiques boutiques Dior, D&G et Hermès qui auraient suffit au bonheur de Dame Le Guen. Il est vrai que le parcours d'entraîneur de Mehmed interpelle. A ceux qui prétendent qu'il n'est qu'un tocard ayant fait couler successivement Istres et Grenoble, les autres répondent que c'était déjà un exploit de faire exister un substitut du premier club de bouffeurs d'ail de la Méditerranée, qui n'a trouvé comme solution pour se faire remarquer que de jouer dans des couleurs de papier chiottes.
Il est vrai que Mehmed n'a pas tout pour lui. Il a le cheveux gras et arbore régulièrement le jogging, à l'heure où les Berlutti et les Brioni de Mourinho et Villas Boas font figure de référence en guise d'accoutrement du manager sportif. Forcément, face au style chemise à carreau véhiculé par Francis, Mehmed fait pâle figure face à ses nouveaux joueurs. Déjà révoltés par la pingrerie d'Alexandre vis-à-vis de leurs copains, il n'en fallait pas plus que ce tocard fini pour sonner la rébellion. "Je refuse d'être entraîné par un mec qui ne porte pas des caleçons Dior", aurait déclaré l'un d'entre eux.
Mehmed se retrouve rapidement face à un mur. Face à une dizaine de murs.
Jérémie B., le sage du groupe, porté disparu depuis janvier 2010. Les rumeurs prétendent que les médecins auraient égaré le manuel permettant d'assembler les différentes pièces du joueur.
Damien P., le plombier polonais qui provoque les fuites en défense plus qu'il ne les colmate.
David S., capitaliste averti qui refuse de voter à gauche.
Yassine M., acheté pour sa vitesse de pointe comparable à celle d'Usain Bolt et qui s'avère être plus proche de celle d'Alain Mimoun aujourd'hui.
Les frères siamois, Marvin M. et Ryad B. Ce dernier ne s'est toujours pas remis de l'opération visant à les séparer, on le retrouve régulièrement désorienté sur le terrain, l'obligeant à tourner sur lui-même dans le vide.
Sébastien R., qui tente encore aujourd'hui d'expliquer au concierge du stade qu'il est un joueur du FCSM et que l'accès au vestiaire ne peut lui être refusé.
Steven M., qui présentait l'avantage d'avoir le même manuel d'assemblage que Jérémie.
Kevin A. et Modibo M., souvent considérés comme les deux meilleurs joueurs du monde, ils auraient remporté 6 coupes du monde, mais personne n'est en mesure de le confirmer. Miséreux du football, ils tentent comme ils peuvent de faire face aux difficultés du métier. Kevin tombe régulièrement en dépression. Il porte difficilement sur ses épaules les exigences du métier : lever à 9h, entraînement à 9h30, fin de la journée à 10h30. La semaine des 5h est une plaie pour lui. Il se réconforte comme il peut au près de sa télévision, alternant entre les émissions de Frédéric Taddéi, Philippe Lefait, Michel Field et Elisabeth Tchoungi. Parfois, il s'autorise quelques déconnexions devant Fred et Jamy.
Modibo, lui, accepte mal la non reconduction du contrat de Nicolas, Jacques et Boukary. Plus encore, il pleure le départ de Brown en Ukraine, qu'Alexandre a ficelé en moins de temps qu'il n'en faut pour comprendre qu'une offre à plus de trois chiffres de ne se refusait pas. Pire, Modibo est depuis quelques temps dragué par un obscur club anglais qui a osé poussé la vanne jusqu'à offrir les clés de son jeu à Hatem Ben Arfa. Devant le triplement de salaire proposé, Modibo n'hésite pas. Mais Alexandre reste ferme, Brown est parti, Modibo doit rester. Alexandre ne comprend pas, Modibo a une famille à nourrir, ses 80'000€ mensuels ne suffisent plus à offrir le riz quotidien à ses frères et ses soeurs restés au Mali dans une villa de 300 mètres carré qu'il a mis six jours à payer. Non, Alexandre ne comprend décidément pas.
Sur les conseils d'Alain Minc, parfois surnommé Karim Aklil dans le milieu, il décide donc d'entamer un clash avec le FCSM. Il ne jouera plus, ne s'entraînera plus, et Kevin non plus, trop attristé par la situation et la mort de la maman de Bambi qu'il voyait pour la première fois la veille. L'entrevue avec Alexandre et Mehmed est explosive.
Modibo et Kévin expliquent à Alexandre qu'il a tout détruit. Ils étaient une bande de potes, n'ayant qu'une envie, continuer l'aventure ensemble. Ils l'avaient dit, répété. En finissant 5e, ils estimaient être dans leur droit d'exiger les conditions financières de leurs prochains accords. Et cela en allait de même pour Nicolas, Jacques et Boukary. Mehmed se permit alors de prendre la parole. Modibo lui rappela qu'il n'était qu'un tocard ayant fait couler Istres et Grenoble. A leurs ambitions individuelles, Modibo et Kévin n'ont pas trouvé l'écho d'une ambition collective. La pingrerie d'Alexandre devenait le symbole d'un manque total d'ambition du FCSM. Le président construisait des joueurs comme des voitures pour mieux les revendre, l'unique intérêt pour le club étant de le maintenir en L1, si possible entre la 17e et la 17e place. Modibo et Kévin voyaient là leur avenir proche se boucher, leur ascension financière et sportive bloquée par l'étroitesse des perspectives footballistiques proposées par leur président.
Tous deux décident donc d'aller au bout de leur conviction, ils ne joueront plus en jaune et bleu, sauf si l'Anzhi Malakachlakalaakalakalalakala venait aux nouvelles. Bien sûr, devant la furie des supporters, portières de voitures rayées, "méchants" descendant régulièrement des tribunes et anniversaires souhaités en grandes pompes, ils accepteront à quatre ou cinq reprises de faire bonne figure. Mais leur décision est prise, ils n'accepteront pas de participer à cette mascarade sur le long terme.
Une seule victime pour cette histoire sordide : le Football Club Sochaux-Montbéliard. Tiraillé entre les excès de prudence de son président, les états d'âme dérisoires de ses joueurs et les tâtonnements de ses entraîneurs successifs, le FCSM se meurt, à petit feu. Chacun désignera son coupable favori. Mais il n'en est qu'un qui souffre réellement aujourd'hui de la situation, l'amoureux du FCSM, qui chaque matin se lève deux heures plus tôt que Kévin pour rentrer chez lui six heures plus tard, qui chaque jour fixe mécaniquement des ressorts de suspension des futures voitures de ses héros pendant que ceux-ci s'échinent à taper le cuir vingt mètres plus loin ; qui chaque jour, quelque soit son niveau de vie, sa profession, son cadre de vie, mange, vit, aime FCSM. Aujourd'hui, cet amoureux là est prisonnier de la sitcom qui lui est chaque jour offerte par son club et ses acteurs. Heureusement pour lui, il peut, en cherchant bien, trouver l'un de ses semblables immergé au sein même de cette mascarade. Mehmed est un amoureux du FCSM, comme lui. De fait, il ne peut être jugé responsable de la situation actuelle, il en est une victime collatérale aux responsabilités plus ou moins larges selon les perceptions individuelles. Les responsables de cette infamie sont bel et bien ceux qui passent, sans prendre le temps de regarder autour d'eux, ceux qui considèrent le FCSM comme une entreprise lambda, et s'efforcent d'occulter son histoire, ses valeurs, ses convictions, ceux qui remplacent le coeur par le portefeuille. Mehmed doit être la bouée de sauvetage à laquelle tout amoureux du FCSM doit se raccrocher au milieu de ce marasme ambiant. Etre un amoureux du FCSM n'en fait pas de fait un bon entraîneur, mais il est inutile de moquer ses ambitions collectives quand tout ce dont il dispose n'est qu'amas d'ambitions individuelles et financières. Probablement pourrait-il faire mieux, mais dans les conditions actuelles, quelqu'un d'autre ferait-il mieux ce qu'un amoureux du club n'arrive pas à faire ?
#2
Posté 31 décembre 2011 - 17:28
Club de football évoluant dans le prestigieux championnat de France de Ligue 1 où le club le plus populaire a pour idoles Matthieu Valbuena et Lucho Gonzalez, 8 sélections à eux deux dans leur pays respectif, il est l'une des figures phares de la compétition hexagonale. Fondé en 1928 comme Jeanne Moreau, celui-ci n'a que peu déraillé au contraire de la voix de cette dernière. Et alors même que Line Renaud poussait elle aussi ses premiers cris, c'est chez Peugeot que va voir le jour cette équipe de football qui arborera comme couleurs, le jaune et le bleu, symbole des armoiries franc-comtoises. Car oui, nous sommes bien en Franche-Comté, pays du Comté, du Mont d'Or, de la Cancoillote, et de Gustave Courbet, célèbre animateur de télévision ayant pour passion de peindre des chattes poilues laissant peu de doutes sur ses déviances sexuelles, mais cela, nous n'en ferons pas tout un fromage.
Durant 83 années, le FCSM va naviguer sereinement, avec des hauts et des bas, sur les eaux capricieuses du Championnat de France, alternant entre le moyen et le moyen. Puis, en 2011, voilà qu'il se meurt. Outragé, brimé, martyrisé, vous m'avez compris, le FCSM sombre, sans qu'on ne sache véritablement pourquoi, ni à cause de qui. Pourtant, le regard des sept supporters fidèles va rapidement se tourner vers plusieurs cibles potentielles, jugées coupables d'avoir sauvagement tué le club doubien.
Il faut pour cela, faire un bond en arrière. Nous sommes le 15 avril 2011.
A cette époque, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes à Sochaux. Le ciel est gris, la boulangerie tourne en moyenne à deux clients par jour, le FCSM lui, joue bien. Une équipe est née, une équipe de copains emmenée par un certain Francis G. Francis est un être goguenard, toujours prompt à la déconnade, à faire tourner les serviettes. Ses conférences de presse régalent. D'origine ch'ti, Francis dégage cette bonne humeur spécialité du Nord. Ce trait de caractère se ressent dans la façon dont il dirige son groupe. Séchages d'entraînement, arrivées en retard sont monnaie courante. Regarder la télévision tard le soir n'a pas de prix, surtout les émissions du peintre régional, sans aucun doute. Francis autorise même ses joueurs à célébrer les victoires au son de La Fouine, chose pourtant interdite en France depuis 2008. En pleine réussite, cette équipe terminera 5e du championnat de France, un mois plus tard à peine. Francis est l'unique artisan de cette époustouflante performance qui émeut la France entière, le quotidien l'Equipe lui accordant même un encadré de quatre lignes.
Car lorsque Francis est arrivé aux manettes du club en janvier 2008, c'est d'un navire à la dérive qu'il prend commande. Auréolé d'un palmarès extraordinaire, une 5ème place avec Lens, il est l'homme de la situation. Trois ans de purgatoire n'entameront pas sa confiance. Il n'y peut rien si les joueurs dont il dispose ont le niveau des vétérans de Beaujeu-Saint-Vallier-Pierrejux-et-Quitteur. A Lens, il dirigeait tout de même des cadors tels Olivier Thomert, Patrick Barul ou Mounir Diane. Francis le répète à la presse, chaque soir de match, que peut-il faire de mieux qu'une 17ème place, a-t-il vraiment le choix que d'utiliser l'arrière droit au milieu gauche, le défenseur central en attaque ou le gardien à l'intendance ?
Homme de culture, il plonge un soir d'été 2010 dans le roman "L'homme-dé" de Luke Rhinehart, l'histoire d'un homme ayant décidé de confier toutes les directions de sa vie au destin d'un dé. Francis y voit là un signe. Il décide de soumettre ses compositions d'équipe à la décision d'un dé. Après trois échecs, le dé lui ayant ordonné de laisser son meilleur attaquant Brown I. sur le banc de touche, le dé de Monopoly lui propose de tester un 4-4-2. Francis n'avait jamais entendu parlé d'une telle énormité.
La suite ? Une 5ème place, quelques mois plus tard, une qualité de jeu vantée par les plus grands spécialistes, Pierre Menès, Sophie Thalmann et Sq1SoChoSien, Nice, Lens, Paris et Chambéry sont étrillés, sauf cette dernière mais chut, il ne faut pas le dire.
Rassasié, Francis a besoin d'autre chose. Surtout, il craint que son coup de dé ne soit démasqué et que l'imposture ne soit dévoilée aux yeux de toute une France qui l'idolâtre. Il décide de s'envoler vers un nouveau bateau à la dérive, sur les rives de l'Atlantique cette fois.
Peut-être avait-il aussi senti le vent tourner, celui d'un groupe livré à sa merci et qu'il ne contrôlait que par ses cajoleries et ses largesses, mais désormais proche de l'explosion car auréolé d'une 5e place synonyme d'exigences crasses et de toutes sortes de caprices ?
Il faudrait alors chercher ailleurs le coupable. Et l'on se tourne naturellement vers Alexandre L., supérieur hiérarchique de Francis, brave garçon au charisme de courge qui arbore la raie de côté et une gourmette en or, symbole de son ascension sociale au sein de Peugeot, entreprise qui l'a parachuté au FCSM afin de remplacer le trop volubile Jean-Claude P. qui aurait été prêt à hypothéquer le siège social de l'entreprise afin d'obtenir le prêt de William Prunier. Afin de mettre un terme à ces folies qui avaient tout de même valu au club le gain de deux trophées nationaux en l'espace de quatre années, les clés sont confiées à Alexandre, dont la mission est claire, renforcer le coffre-fort.
Ainsi, oubliée l'espoir des joueurs de se voir offrir en avant-première une 508 éclatante, ce sera 107 pour tout le monde. Seul heureux, Vincent N., qui s'y sent comme dans un monospace et ressent ce plaisir qui avait déjà le sien quand il pensait disposer avant tout le monde d'un Ipad en tapotant sur son IPhone. Alexandre procède à des restrictions budgétaires de premier ordre, supprimant la corbeille de fruit dans les vestiaires (mais attention, pas de cruauté, les joueurs ont tout de même droit à une pomme en cas de victoire par huit buts d'écart), et les costumes pour les nouveaux arrivants.
Forcément, Alexandre est ravi, trois saisons durant, de voir son club plafonner dans le bas du tableau, cette situation lui permettant de justifier son statut et de ne pas perdre la main face à son groupe de joueurs, les grosses quiches comme Francis se plaît à les appeler systématiquement. Pour rien au monde, il n'aimerait voir le FCMS truster les premières places. Il décide donc de vider le stade Bonal. Secteurs fermés, abonnés déplacés, ultras privés de drapeaux, micro du Supporter Club conservé, son de la sono poussée à fond ... Tout est bon pour que les supporters restent chez eux déguster une bonne raclette.
Oui mais voilà, le coup de dé de Francis est passé par là. Alexandre s'était pourtant attaché à recruter des billes. Un buteur venu de Suisse, pays où l'on porte aux nues Johan Volanthen, un type aux dreadlocks et à la cheville douteuse, un fouteur de merde manceau et un vieillard revenant formé au club 10 ans plus tôt. Aucun risque donc si Francis n'avait pas retrouvé son putain de Monopoly.
La suite ? Une 5ème place et des joueurs maîtres de la situation, car l'objectif fixé était de douze places plus bas au classement. Alexandre est effondré, il va lui falloir jouer de malice pour briser ce groupe de copains sans mettre plus en danger encore le club que sa pingrerie ne le laisse déjà supposer. Ce 15 avril 2011, il décide donc de proposer à trois joueurs titulaires en fin de contrat, une offre de salaire à la baisse. Choqués par si peu de considération alors qu'ils venaient de contribuer à réhausser le club aux avant-postes, Nicolas M., Jacques F. et Boukary D. claquent la porte. Embarrassé, Alexandre tentera bien de rectifier le tir, mais le mal était fait. Il ne le sait pas encore, mais son groupe vient d'exploser. Quand bien même il s'en moque pas mal, car il a dans sa fouillette des noms ronflants d'illustres inconnus venus de la division inférieure pour les remplacer. Alexandre cible intelligemment ses prises : un Clermontois et un Havrais, des joueurs venus donc des deux seules villes plus moches que Sochaux en France. Ils ne pourront pas refuser. Ses homologues présidents non plus. Il leur propose à chacun 15€ pour leurs joueurs. Messieurs Louvel et Michy lui rappellent que c'est au moins 3,5M. Alexandre revoit sa proposition à hausse : 22€. L'épisode durera tout l'été, Alexandre est prêt à faire des folies, il a monté son offre pour Alessandrini et Mendes jusqu'à 37€. Finalement, il engagera dans les dernières heures du mercato Abdul Camara, cible numéro 54 du club, acheté à Rennes pour 4,5M d'€. Mercato brillamment mené, donc.
Mais Alexandre n'a pas que ce souci à gérer durant l'été 2011. Il doit s'atteler à remplacer Francis, parti élégamment à Bordeaux.
Naturellement, Alexandre se tourne vers Jean F., ancienne gloire du FCSM, qui avait lancé aux débuts des années 2000 toute une ribambelle de jeunes qui ne coûtaient par conséquent pas un rond. Ce souvenir fait mouche dans l'esprit d'Alexandre. Jean n'aura qu'à lancer des jeunes à nouveau. Oui mais voilà, la cible prend la fuite du côté de la Lorraine. Guère déstabilisé, Alexandre change de stratégie, il décide d'offrir un apparat d'ambition pour contrer toutes les critiques sur sa supposée radinerie. L'entraîneur du FCSM sera Paul Le Guen, ancien adjoint de Samuel Eto'o à la tête de la sélection camerounaise. C'était sans compter sur Madame Le Guen, nourrie trois années durant aux fastes des avenue Montaigne, Faubourg Saint-Honoré et avenue des Champs-Elysées. Le chic du H&M de Besançon ne pouvant compenser le manque à dépenser, c'est vers le sultanat d'Oman que Les Guen s'envoleront finalement malgré le luxe d'une rencontre avec Alexandre en matinée au Courtepaille (salade d'accueil offerte, offres estivales défiant toute concurrence, qui dit mieux) de l'A36, témoignant une fois de plus de la générosité du président sochalien.
Désarçonné par les refus successifs de Pascal Janin, Jacky Duguépéroux, Bertrand Marchand, Alain Ravera, Henri Stambouli, Raymond Goettals et Geneviève de Fontenay, Alexandre tombe (signe du destin) sur une cinquantaine de boulettes de papier perdues au fond de son tiroir du bas. Il découvre alors différentes lettres de motivation (probablement négligées par son prédécesseur et par ses propres soins) émises par un certain Mehmed B., la première datée de 1974. Alexandre n'a pas d'autre choix que de saisir son combiné. Cela tombe bien, Mehmed habite depuis des années dans la réserve où est entreposé le matériel d'entraînement. Lors de l'entretien, Mehmed rappelle à Alexandre qu'il fut neuf années durant un joueur du FCSM, et qu'il fut même érigé au rang de légende par les supporters. Alexandre lui répondit qu'il s'en foutait du foot et qu'il n'y comprenait rien.
Mehmed B. devient, en ce début de juin 2011, le nouvel entraîneur du FCSM. Francis, au même moment, explique à la presse combien ses nouveaux joueurs sont mauvais et qu'il ne pourra pas faire de miracle, son premier entraînement ayant lieu deux semaines plus tard.
Une partie des supporters sochaliens est en ébullition, elle attendait cette nomination depuis des années. L'autre partie pleure les hypothétiques boutiques Dior, D&G et Hermès qui auraient suffit au bonheur de Dame Le Guen. Il est vrai que le parcours d'entraîneur de Mehmed interpelle. A ceux qui prétendent qu'il n'est qu'un tocard ayant fait couler successivement Istres et Grenoble, les autres répondent que c'était déjà un exploit de faire exister un substitut du premier club de bouffeurs d'ail de la Méditerranée, qui n'a trouvé comme solution pour se faire remarquer que de jouer dans des couleurs de papier chiottes.
Il est vrai que Mehmed n'a pas tout pour lui. Il a le cheveux gras et arbore régulièrement le jogging, à l'heure où les Berlutti et les Brioni de Mourinho et Villas Boas font figure de référence en guise d'accoutrement du manager sportif. Forcément, face au style chemise à carreau véhiculé par Francis, Mehmed fait pâle figure face à ses nouveaux joueurs. Déjà révoltés par la pingrerie d'Alexandre vis-à-vis de leurs copains, il n'en fallait pas plus que ce tocard fini pour sonner la rébellion. "Je refuse d'être entraîné par un mec qui ne porte pas des caleçons Dior", aurait déclaré l'un d'entre eux.
Mehmed se retrouve rapidement face à un mur. Face à une dizaine de murs.
Jérémie B., le sage du groupe, porté disparu depuis janvier 2010. Les rumeurs prétendent que les médecins auraient égaré le manuel permettant d'assembler les différentes pièces du joueur.
Damien P., le plombier polonais qui provoque les fuites en défense plus qu'il ne les colmate.
David S., capitaliste averti qui refuse de voter à gauche.
Yassine M., acheté pour sa vitesse de pointe comparable à celle d'Usain Bolt et qui s'avère être plus proche de celle d'Alain Mimoun aujourd'hui.
Les frères siamois, Marvin M. et Ryad B. Ce dernier ne s'est toujours pas remis de l'opération visant à les séparer, on le retrouve régulièrement désorienté sur le terrain, l'obligeant à tourner sur lui-même dans le vide.
Sébastien R., qui tente encore aujourd'hui d'expliquer au concierge du stade qu'il est un joueur du FCSM et que l'accès au vestiaire ne peut lui être refusé.
Steven M., qui présentait l'avantage d'avoir le même manuel d'assemblage que Jérémie.
Kevin A. et Modibo M., souvent considérés comme les deux meilleurs joueurs du monde, ils auraient remporté 6 coupes du monde, mais personne n'est en mesure de le confirmer. Miséreux du football, ils tentent comme ils peuvent de faire face aux difficultés du métier. Kevin tombe régulièrement en dépression. Il porte difficilement sur ses épaules les exigences du métier : lever à 9h, entraînement à 9h30, fin de la journée à 10h30. La semaine des 5h est une plaie pour lui. Il se réconforte comme il peut au près de sa télévision, alternant entre les émissions de Frédéric Taddéi, Philippe Lefait, Michel Field et Elisabeth Tchoungi. Parfois, il s'autorise quelques déconnexions devant Fred et Jamy.
Modibo, lui, accepte mal la non reconduction du contrat de Nicolas, Jacques et Boukary. Plus encore, il pleure le départ de Brown en Ukraine, qu'Alexandre a ficelé en moins de temps qu'il n'en faut pour comprendre qu'une offre à plus de trois chiffres de ne se refusait pas. Pire, Modibo est depuis quelques temps dragué par un obscur club anglais qui a osé poussé la vanne jusqu'à offrir les clés de son jeu à Hatem Ben Arfa. Devant le triplement de salaire proposé, Modibo n'hésite pas. Mais Alexandre reste ferme, Brown est parti, Modibo doit rester. Alexandre ne comprend pas, Modibo a une famille à nourrir, ses 80'000€ mensuels ne suffisent plus à offrir le riz quotidien à ses frères et ses soeurs restés au Mali dans une villa de 300 mètres carré qu'il a mis six jours à payer. Non, Alexandre ne comprend décidément pas.
Sur les conseils d'Alain Minc, parfois surnommé Karim Aklil dans le milieu, il décide donc d'entamer un clash avec le FCSM. Il ne jouera plus, ne s'entraînera plus, et Kevin non plus, trop attristé par la situation et la mort de la maman de Bambi qu'il voyait pour la première fois la veille. L'entrevue avec Alexandre et Mehmed est explosive.
Modibo et Kévin expliquent à Alexandre qu'il a tout détruit. Ils étaient une bande de potes, n'ayant qu'une envie, continuer l'aventure ensemble. Ils l'avaient dit, répété. En finissant 5e, ils estimaient être dans leur droit d'exiger les conditions financières de leurs prochains accords. Et cela en allait de même pour Nicolas, Jacques et Boukary. Mehmed se permit alors de prendre la parole. Modibo lui rappela qu'il n'était qu'un tocard ayant fait couler Istres et Grenoble. A leurs ambitions individuelles, Modibo et Kévin n'ont pas trouvé l'écho d'une ambition collective. La pingrerie d'Alexandre devenait le symbole d'un manque total d'ambition du FCSM. Le président construisait des joueurs comme des voitures pour mieux les revendre, l'unique intérêt pour le club étant de le maintenir en L1, si possible entre la 17e et la 17e place. Modibo et Kévin voyaient là leur avenir proche se boucher, leur ascension financière et sportive bloquée par l'étroitesse des perspectives footballistiques proposées par leur président.
Tous deux décident donc d'aller au bout de leur conviction, ils ne joueront plus en jaune et bleu, sauf si l'Anzhi Malakachlakalaakalakalalakala venait aux nouvelles. Bien sûr, devant la furie des supporters, portières de voitures rayées, "méchants" descendant régulièrement des tribunes et anniversaires souhaités en grandes pompes, ils accepteront à quatre ou cinq reprises de faire bonne figure. Mais leur décision est prise, ils n'accepteront pas de participer à cette mascarade sur le long terme.
Une seule victime pour cette histoire sordide : le Football Club Sochaux-Montbéliard. Tiraillé entre les excès de prudence de son président, les états d'âme dérisoires de ses joueurs et les tâtonnements de ses entraîneurs successifs, le FCSM se meurt, à petit feu. Chacun désignera son coupable favori. Mais il n'en est qu'un qui souffre réellement aujourd'hui de la situation, l'amoureux du FCSM, qui chaque matin se lève deux heures plus tôt que Kévin pour rentrer chez lui six heures plus tard, qui chaque jour fixe mécaniquement des ressorts de suspension des futures voitures de ses héros pendant que ceux-ci s'échinent à taper le cuir vingt mètres plus loin ; qui chaque jour, quelque soit son niveau de vie, sa profession, son cadre de vie, mange, vit, aime FCSM. Aujourd'hui, cet amoureux là est prisonnier de la sitcom qui lui est chaque jour offerte par son club et ses acteurs. Heureusement pour lui, il peut, en cherchant bien, trouver l'un de ses semblables immergé au sein même de cette mascarade. Mehmed est un amoureux du FCSM, comme lui. De fait, il ne peut être jugé responsable de la situation actuelle, il en est une victime collatérale aux responsabilités plus ou moins larges selon les perceptions individuelles. Les responsables de cette infamie sont bel et bien ceux qui passent, sans prendre le temps de regarder autour d'eux, ceux qui considèrent le FCSM comme une entreprise lambda, et s'efforcent d'occulter son histoire, ses valeurs, ses convictions, ceux qui remplacent le coeur par le portefeuille. Mehmed doit être la bouée de sauvetage à laquelle tout amoureux du FCSM doit se raccrocher au milieu de ce marasme ambiant. Etre un amoureux du FCSM n'en fait pas de fait un bon entraîneur, mais il est inutile de moquer ses ambitions collectives quand tout ce dont il dispose n'est qu'amas d'ambitions individuelles et financières. Probablement pourrait-il faire mieux, mais dans les conditions actuelles, quelqu'un d'autre ferait-il mieux ce qu'un amoureux du club n'arrive pas à faire ?
Brillant bien sur, mais à charge comme d'hab.
Il ne suffit pas de bien écrire pour détenir la véritè.
#3
Posté 31 décembre 2011 - 17:43
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#4
Posté 31 décembre 2011 - 19:21
Pour le fond, la partie sur la bande de potes est minable quand on considère le milieu du foot pro. Mais alors c'est peut être du 3ème degré. Si c'est le cas, il faut demander à votre spécialiste 3ème degré.

Et comme dans tous les messages de JL le meilleur passage c'est la fin., je me permets de le citer : " Bazda, probablement pourrait-il faire mieux, mais dans les conditions actuelles, quelqu'un d'autre ferait-il mieux ce qu'un amoureux du club n'arrive pas à faire ?"
Eh bien tu vois c'est avec des raisonnements comme le tien, qu'aujourd'hui on en est là. Ce n'est pas des potes, de la Mif ou un supporter de coeur qu'il faut au FCSM, mais des PROS. Le club a eu par le passé des résultats parce qu'il y avait des structures et des hommes pour garder ces structures. Il faudrait faire un article bien plus long que celui de JL pour faire la liste de tous les manques de professionnalismes que le club a du subir sur cette première partie de saison. Malheureusement et nous le savons tous, seul le travail permet de remonter la pente.
Donc il faut des joueurs qui se donnent pour le club, qui viennent à l'entrainement et y mettent du coeur, et ça c'est vrai aussi pour la direction avec un président présent avant et pendant les mercatos même si ça tombe pendant les vacances de sa cousine fifine qu'il n'a pas vu de l'année et qui habite la Réunion. Et ça marche aussi pour l'entraineur qui ne doit rien laisser passer, même si ça doit lui couter son poste !
Comme je l'ai dit, le jour de la nomination de l'amoureux du club : mais qu'est ce qu'on peut bien en avoir à foutre que Bazda aime le club ?!! Et je pense que les joueurs doivent se dire pareil !! 40000 supporters du FCSM en final de coupe de France on en prend un et on le met entraineur parce qu'il aime le club ?? C'est quoi ce raisonnement ?? Même un enfant de 6 ans raisonnerait pas comme ça. Un salarié est recruté pour ses compétences et son C.V pas parce qu'il aime sa future boîte ou alors Durex recevrait 20 millions de CV par an !
Mettez des Pros à tous les postes du club et vous aurez des résultats. Mettez des amateurs et des amoureux du club et vous aurez les résultats qu'on a aujourd'hui avec un groupe disloqué.
La seule vérité c'est qu'aujourd'hui le club est à un nouveau tournant de sa saison : le mercato. Il est en passe d'être raté avant même d'avoir débuté. Rien est fait, alors que le chantier semble immense que ce soit sur la structure de l'effectif, ou les techniciens censés mener ce radeau de la méduse. En février ou mars il sera trop tard pour virer "l'amoureux du club" et les "experts" qui nous pondent des articles en page d'accueil nous en ponderont d'autres pour nous expliquer que c'est toujours de la faute à la bande de potes qui a été brisée par le méchant président capitaliste Lacombe.
Que des conneries tout ça.
Allez courage, un jour vous allez tous vous réveillez, vous allez ouvrir les yeux et vous vous direz : "FCSMFOREVER me l'avez bien dit"
--------------------------
Ce message n'étant pas une éloge de John Locke vous pouvez donc le supprimer.
"on ne peut pas dire la vérité à la TV car tout le monde la regarde" - Coluche
#5
Posté 31 décembre 2011 - 19:47
C'est la marque de fabrique de thierry... jamais aucune argumentation dans ses messages, tel est son principe...
#6
Posté 31 décembre 2011 - 20:40
C'est UN éloge, pas une éloge.
Ceci étant dit, je doute qu'il s'agisse du rêve de John Locke d'être en page d'accueil de PS. J'espère pour lui que ses rêves sont plus élevés.
De plus, il ne s'agit pas de son premier écrit à figurer en page d'accueil si tu suivais un peu. Et il n'est pas le seul à contribuer: l'Alien, Gauchix ou encore Slow Pulse Boy y ont déjà figuré aussi.
Enfin, le coup de l'éloge me fait sourire car tu ignores qu'un sérieux contentieux l'a par le passé opposé à moi.
Mais lui comme moi en faisons fi désormais et au cas présent.
#7
Posté 31 décembre 2011 - 20:59
...
Allez courage, un jour vous allez tous vous réveillez, vous allez ouvrir les yeux et vous vous direz : "FCSMFOREVER me l'avez bien dit"
--------------------------
Ce message n'étant pas une éloge de John Locke vous pouvez donc le supprimer.
Jalousie ?
ou mauvaise foi ?
"Les détails font la perfection et la perfection n'est pas un détail" - Léonard de Vinci
#8
Posté 31 décembre 2011 - 21:38
Bah quand tu réponds à l'unique message d'un topic, c'est mieux de le citer pour que les gens sachent à quoi tu fais référence, non ?

#9
Posté 31 décembre 2011 - 23:13
En attendant, j'ouvre les yeux et j'aperçois une grammaire de CM1.
B.E.ELLIS
#10
Posté 01 janvier 2012 - 11:31
C'est UN éloge, pas une éloge.
Ceci étant dit, je doute qu'il s'agisse du rêve de John Locke d'être en page d'accueil de PS. J'espère pour lui que ses rêves sont plus élevés.
De plus, il ne s'agit pas de son premier écrit à figurer en page d'accueil si tu suivais un peu. Et il n'est pas le seul à contribuer: l'Alien, Gauchix ou encore Slow Pulse Boy y ont déjà figuré aussi.
Enfin, le coup de l'éloge me fait sourire car tu ignores qu'un sérieux contentieux l'a par le passé opposé à moi.
Mais lui comme moi en faisons fi désormais et au cas présent.
L'amour pour Bazda?
#11
Posté 01 janvier 2012 - 11:37
Le contre argument ultime.
Tu peux faire mieux que ça.
Après réflexion, je n'en suis pas sûr.
#12
Posté 01 janvier 2012 - 11:40
En attendant, j'ouvre les yeux et j'aperçois une grammaire de CM1.
J'avais laissé exprès quelques fautes pour voir qui arriverait à les détecter. C'est bien, tu as gagné mon estime au moins sur ce point.
Et quant à l'amour pour Bazda, il est bien connu que l'amour rend aveugle. Et c'est bien ce qui m'inquiète. D'ailleurs l'amoureux du club (Bazda) est il lui aussi aveugle ??
"on ne peut pas dire la vérité à la TV car tout le monde la regarde" - Coluche
#13
Posté 01 janvier 2012 - 11:43
Je te rassure également, je n'ai rien réclamé à personne, j'écris selon mes humeurs, mes inspirations, et si les administrateurs souhaitent exploiter en dehors du forum un billet d'humeur ou un autre, ils sont libres de le faire, et mon ego n'en bougera pas d'un poil.
Quant au fond de ton intervention, je ne perdrai pas mon temps à te répondre, vingt lignes sur la question de "la bande de potes" alors que j'aborde cette idée avec le même second degré que pour le reste, ça ne mérite pas que je m'y attarde.
@ thierry, à charge peut-être, mais c'est un peu le but de ce genre d'écrits.
#14
Posté 01 janvier 2012 - 12:37
Pas d'inquiétude mes écrits universitaires me suffisent amplement. Pas besoin de PS pour être bien dans ma vie.
Ce que tu prends très au sérieux, n'est que pour moi que détente et 1% de mon activité intellectuelle. Je te laisse avec ton pote Sq1 avec qui tu aimes tellement discuter et ton joujou PS.

Tu peux impressionner peut être certains admins ou modos ou des personnes atteintes de troubles de la mémoire et qui réclament encore aujourd'hui le retour de Maiga, mais pour ma part il en faudra un peu plus. Et surtout venant d'une personne qui pendant des mois a insulté la moitié des forumeurs et qui aujourd'hui se forge une virginité toute nouvelle.
Ceci étant dit, il est intéressant de noter que personne n'a voulu discuter du fond et plus particulièrement de la conclusion de ton post. J'entends le maintien en poste de Bazda, justifié par le fait qu'il est amoureux du club. De très haute volée, comme tout le reste.
Au moins tu me fais bien rire. Sois en sûr.
J'attends donc avec impatience les prochaines pirouettes des "experts" dans ton genre dans quelques mois en page d'accueil, quand la situation sera encore pire qu'aujourd'hui parce que rien n'est fait pour y remédier et que l'on doit compter sur l'amateurisme qui s'est emparé du FCSM et donc sur les amoureux du club ...
"on ne peut pas dire la vérité à la TV car tout le monde la regarde" - Coluche
#15
Posté 01 janvier 2012 - 13:08
Attends mec, tu as osé prendre position ?!?!? Putain tu vas avoir des problèmes...

#16
Posté 01 janvier 2012 - 13:15
Ce que tu prends très au sérieux, n'est que pour moi que détente et 1% de mon activité intellectuelle.
En attendant, si je regarde bien, tu fais partie des trois mecs qui se sont connectés hier soir entre 22h et minuit, et t'y es resté plus d'une heure. Ca doit être impressionnant les 99 autres % du coup.
#17
Posté 01 janvier 2012 - 18:02
Nous sommes tous amoureux du club et rien que du club.
Après, concernant Bazdarevic, nous n'avons pas tous la même approche, ça ne signifie pas (pour ceux qui le "soutiennent") qu'on lui voue une forme d'admiration ou d'idolâtrie ou je ne sais quoi.
Je suis de ceux qui étaient satisfaits de sa nomination au poste d'entraîneur, mais j'aurais également été satisfait si Fernandez, Le Guen ou Baup avaient pris les rênes du groupe pro.
Et si j'étais satisfait que Bazdarevic ait été nommé, ce n'est pas pour son amour du club (même si c'est un bonus plus qu'appréciable par les temps qui courrent), mais parce que sa nomination me semblait aller de pair avec notre club qui forme des jeunes, nomme Genghini et Ruty (des anciens aussi qui sont également attachés au club à priori) respectivement au poste de recruteur (après avoir été directeur sportif et coach de la réserve) et directeur du centre de formation.
La nomination nde Bazdrevic me semblait ainsi entrer dans les "valeurs" du FCSM que de donner également la chance à un des siens après avoir nommé des Bijotat ou Hantz sans références particulières.
Enfin, je ne voulais pas m'arrêter au coup des 2 descentes en Ligue 2, déjà parce qu'il n'y en a qu'une pour une saison totale (il avait quitté Istres au bout de quelques matches) mais aussi parce que faire monter Istres et Grenoble (et maintenir ces dernier la première saison) me paraissaient à mettre à son crédit comme étant des performances notables.
Et si je continue à soutenir Bazdarevic, ce n'est toujours pas par un quelconque sentiment d'amour ou je ne sais quelle connerie, mais parce que je pense qu'il est le moins responsable de la situation actuelle et qu'il peut redresser la barre pour peu qu'on lui on donne les moyens (et qu'il se les donne aussi dans ses divers choix vis à vis des starlettes, je suis OK pour en convenir).
Je ne suis pas aveugle et s'il est une chose que j'aime et une seule en football, c'est le FCSM, pas un individu.
#18
Posté 01 janvier 2012 - 23:13
Mouais...Il l'eût été plus s'il n'avait pas exonéré notre entraîneur des fautes qu'il a commise lui-aussi. Tout le monde en prend plein la gueule, sauf lui en fait.
Placer un tel texte (un peu long mais bien écrit) sur la page d'accueil, la vitrine du site, peut conduire le visiteur lambda à croire que c'est le fond de la pensée du forum qui rejaillit au travers de ces lignes. Ce qui est loin d'être le cas quand on lit les posts, les avis sur les causes de nos maux restant très variés et largement nuancés sur les responsabilité de notre coach. Aussi j'ai la curieuse impression d'assister ainsi à l'officialisation de la victimisation de Bazdarevic et ça me gène un peu, même si tout le monde s'en fout

Source des données : Insee
(Mis à jour le 20 septembre 2008)
#19
Posté 01 janvier 2012 - 23:18
2/ Nul doute que ça t'aurait moins titillé si c'était venu de quelqu'un d'autre.

#20
Posté 01 janvier 2012 - 23:29
La fin du texte est sans équivoque et c'est l'impression qui domine à la fin. Mais bon, c'est ton avis, au milieu de bien d'autres...

J'ai passé l'âge pour fonctionner avec ce genre d'état d'esprit. Tu devrais en prendre de la graine.

Source des données : Insee
(Mis à jour le 20 septembre 2008)
#21
Posté 01 janvier 2012 - 23:45
La fin du texte est sans équivoque et c'est l'impression qui domine à la fin. Mais bon, c'est ton avis, au milieu de bien d'autres...
La fin est un engagement personnel, comme c'est souvent le cas dans ce genre d'écrit ; il est signé de mon nom, n'engage que moi et certainement pas PS dans sa globalité. Ce n'est pas PS qui prend parti, mais PS diffuse un parti pris. A une échelle hauuuutement supérieure, lorsque RTL embauche Zemmour, celui-ci ne devient pas le porte-voix officiel de la station quand il s'engage sur un sujet. Et chacun est d'ailleurs libre de commenter et, donc, apporter la contradiction. Problème est qu'il est bête que les querelles de forum resurgissent en page d'accueil, là où un public plus large nous lira peut-être. Maintenant, si la présence de ces lignes en page d'accueil pose problème, je ne vois pas d'inconvénient à ce que ce soit retiré.
Et rassure-toi, je n'aurai aucun souci, si tu nous offres la version inverse des évènements, à te dire que c'est bien fait si tel est le cas. J'en serais même ravi.
#22
Posté 02 janvier 2012 - 12:41
Dans ce cas, on s'interdit toute subjectivité quand on publie en page d'accueil. Défense de publier des billets d'humeur ou des textes de type éditorialiste. On ne s'autorise même pas, dans les compte-rendus de match, de dire que le FCSM a bien ou mal joué.
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#23
Posté 02 janvier 2012 - 17:41

#24
Posté 02 janvier 2012 - 18:05
@ SPB:
Je comprends ce que tu veux dire, mais là on est sur le sujet brûlant du moment, celui qui divise le forum avec des arguments recevables et bien étayés des différents cotés.
En le plaçant en page d'accueil, on valide l'une des diverses opinions par rapport à toutes les autres, c'est l'impression que cela me donne et cela peut paraître injuste. Après Clyde est le chef et fait ce qu'il veut...

Sinon ce genre de pamphlet décalé me va très bien, t’inquiète, j'en perçois parfaitement et apprécie le second degré qu'il recèle. C'est d'ailleurs pour ça que les termes "lucidité et pertinence" utilisés par notre Président vénéré en introduction ne me paraissent pas coller toujours bien avec la philosophie de ce genre de texte.
Source des données : Insee
(Mis à jour le 20 septembre 2008)
#25
Posté 02 janvier 2012 - 20:15
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#26
Posté 03 janvier 2012 - 08:41
A mon avis, Bazda retourne le problème dans tous les sens depuis plusieurs mois pour essayer de trouver des solutions. Je suis persuadé qu'au club, il n'est pas loin d'être le mec qui se remet le plus en question, chose que les autres devraient être les tout premiers à faire.
#27
Invité_David besançon_*
Posté 03 janvier 2012 - 19:04
Le cahier des charges est respecté.
J'ai la faiblesse de penser que les gens qui sont capables de talent sont très souvent ceux qui savent aussi faire preuve d'une grande lucidité.